Extrait "Porteuses de Lumière"

Prologue

Hannah est venue me consulter à mon cabinet parisien, à l’égal de n’importe qui. Mais pas tout à fait… A l’écouter, j’ai senti poindre en moi deux émotions.
La première fut la surprise, car son histoire éveilla d’intenses souvenirs d’un épisode exceptionnel de ma vie, dont je n’avais jamais complètement percé le sens initiatique.
Et la seconde, un espoir renouvelé pour notre humanité. Pouvait-elle regagner une vérité spirituelle perdue, et grâce à elle revenir à sa beauté originelle ? Un nouveau départ était-il possible ?

Cette jeune femme amorçait un de ces tournants de l’existence où il s’avère, pour tout un chacun, nécessaire de réfléchir. Toutefois ici, il se passait quelque chose d’étonnant, car son vécu personnel révélait un message inattendu, un message nous concernant tous…

Dans ma pratique d’ethnologue – avant de devenir psychanalyste –, j’avais exploré les phénomènes de l’extase mystique. Les ethnologues ont en général une propension à expérimenter, afin de pénétrer plus intimement le vécu des populations. Et voici qu’en entendant Hannah, les visions perçues à cette époque-là en transe hypnotique, remontaient du fond de ma mémoire. Je les avais gardées, telles ces précieuses intuitions qui nous traversent dans les moments où nous sommes ouverts, et étrangement lucides. Elles m’avaient livré, comme en film, le portrait d’une enfant des temps anciens. Destinée à métamorphoser notre monde, un affreux traumatisme paraissait finalement avoir réduit Maryam au silence.
Ma revenante avait-elle un lien avec ce que découvrait Hannah ? En tout cas, les histoires semblaient curieusement s’emboîter.
Hannah courait vers son futur et j’étais là, à Paris. Il fallait raconter son aventure, alors je lui ai proposé de l'écrire. Elle était
pressée, nous nous sommes donc concentrées en priorité sur son témoignage. Les dialogues, nous les avons reconstitués ensemble.
Plus tard, j’ai éprouvé le besoin de consigner, en parallèle de son récit, mes propres représentations, et je les ai mêlées aux siennes.
Je n’ai pas pu montrer à Hannah la totalité de cet écrit ; elle était déjà repartie pour d’autres horizons. Quand la reverrai-je ? Quelle sera sa réaction lorsqu’elle prendra connaissance de mes perceptions ? celles que j’ai hésité à lui avouer sur l’instant…

Ainsi fusionnent les âmes. Son expérience a complété la mienne. J’espère qu’elle pourra rejoindre et illuminer la vôtre.
Et clarifier la tienne, Hannah, lorsque tu liras enfin ces lignes.

Nous vivons les uns à travers les autres, dans ce grand imaginaire humain.

Rose Marguerite Smith
Psychanalyste

Chapitre 1


1

Il avait chuté du ciel sur son enfance tel un corps céleste dont l’impact n’avait cessé d’irradier. Elle avait reçu de lui l’amour le plus extraordinaire, le plus profond, le plus inattendu, et s’était baignée à cette source vive, sans même une pleine conscience de sa chance. Tout ce qui avait existé auparavant, elle l’avait oublié.

Ce soir, après la félicité qu’ils avaient goûtée, elle n’avait pas vraiment entendu ce qu’il lui disait. Parce que certaines pensées sont parfois impossibles à assimiler, ces mots-là n’avaient pu prendre sens : « Ne me suis pas, Maryam. Et souviens-toi. Je t’aime de toute éternité. » Et il avait filé parmi les ténèbres.
Saisissant enfin la réalité choquante de ses paroles, elle vacilla. Elle n’était pas prête à ce départ. Une étoile ne devrait jamais avoir à s’évanouir dans l’infini. Je dois le rattraper avant que l’irréparable ne se produise. Mon dieu, où peut-il être ?

Elle se jette à travers les ruelles, folle d’angoisse, s’enfonçant presqu’aveugle dans la viscosité gelée de la nuit.
Insouciante des soldats qui patrouillent, de l’horreur que génèrerait une telle rencontre, elle glisse d’une habitation à l’autre, quittant le quartier des riches pour rejoindre les bas-fonds qu’il affectionne. Les pavés des rues deviennent terre. Elle trébuche et les pierres du chemin inégal coupent ses pieds froids, nus sur le cuir de ses sandales. Ses longs cheveux perlés d’humidité la cinglent. Vite, vite. Elle l’appelle par l’esprit : 
Où es-tu ? Ne me laisse pas ! Sans toi je vais mourir !
Elle se tord une cheville. Un tourbillon noir l’étourdit. Happée, elle s’appuie une seconde contre un mur. Yaha, yaha, je respire. Yaha, yaha.
Sa vision s’éclaircit. Elle reprend sa course, ivre de brouillard. Les bâtiments défilent. Où s’est-il réfugié ? L’heure avancée a éteint
les lampes. Elle n’ose frapper chez Yosseph. Comment comprendrait-il sa venue ? Et chez Barnabas ? Oui. Elle s’y précipite.
Elle se penche vers la porte, y applique l’oreille, surprend un murmure. La plainte d’une femme la fige. Puis un chant de plaisir inonde le silence… Le sang submerge aussitôt son visage. Son poing reste dressé et ne frappe pas le bois. Non, il n’est pas ici.
Ses jambes ne réagissent plus à l’ordre qu’elle leur réitère. Son cœur éructe. Yoshua, ton adieu je le refuse, je le vomis. Elle sombre. Non, il ne faut pas. Yaha, yaha. Ses poumons brûlent. Elle a mal à la poitrine, au côté, au ventre. Ces souffrances la rassurent. Ce sont des douleurs reçues, éphémères, et non la brûlure du reproche dont elle s’accusera toujours.
Son dos coule de sueur glacée. Et voici que ses cuisses fourmillent et reprennent vie. Elle s’élance comme un animal. Si elle était vue elle serait prise pour une prostituée, ou une insoumise.
S’est-il échappé par le tunnel gluant pour dormir au milieu des arbres ? Elle ne le saura pas tant que les murs de la ville l’emprisonneront. S’éloignant des maisons, elle se recroqueville au bas de la muraille entre les immondices, afin de patienter jusqu’à une aube qu’elle se sent incapable d’attendre. Elle tremble, de sa tunique trempée, de son pressentiment, et des réveils violents de l’assoupissement de quelques instants volés à l’ombre grelottante.

Lorsque les gardes ouvrent les portes, elle fonce vers la colline et grimpe, court, saute, telle une chèvre tendue, jusqu’au sommet. Elle s’immobilise enfin, scrute la lueur blanche du jour naissant, retient son souffle et écoute… Mais là-haut, pas une âme…
Suffoquée, elle avale une grande goulée d’air qui reflue en un sanglot déferlant du fond de sa gorge. S’arc-boutant contre un olivier, un cri déchirant s’élève maintenant de sa chair. Elle l’étouffe et perçoit en elle l’écho de ce désespoir.
S’il disparaît, tout s’effondre avec lui, toute lumière quitte ce monde… Elle s’écroule alors, roule de douleur dans la poussière qui se mêle à ses larmes et colle sa chevelure et ses yeux. Puis de ses lèvres douloureuses et desséchées, elle gémit : « Sois avec moi… » Et l’invoquant ainsi, elle redresse la tête. Jérusalem l’épie dans un demi-soleil flottant derrière la brume du matin.
Elle ne veut pas tomber dans l’eau noire du chagrin.

2

7 h 10 ?
Incrédule, Hannah fronce les sourcils et scrute les chiffres rouges dans la pénombre. Electrisée, elle repousse la couette, et soudain se ravise. A l’idée de la tente qui l’attend et du vilain sac de couchage dont elle devra se contenter, elle étreint une dernière fois l’édredon moelleux, puis s’étire dans sa douceur.

7 h 15 !
Elle bondit. Allume. La lumière brûle ses pupilles. Elle court jusqu’à la salle de bain. Se jette sous la douche. Six minutes plus tard, une serviette serrée sur la tête, la brosse coincée entre les dents, elle étale de la crème sur son visage lisse de pétale, songeant à ce qu’il aura bientôt à subir sous le vent, le soleil et la poussière. Mes taches de rousseur vont ressortir, mes yeux bleus seront injectés et je serai affreuse, déplore-t-elle en terminant sa toilette.

Le portable sonne sur le meuble de l’entrée. Probablement Sophia. Elles ne se sont pas parlé depuis des lustres. Lorsque Sorel est là, le reste file au second plan.
Elle attrape son peigne, se précipite, se cogne le pied droit sur l’une des deux valises étalées au milieu de la pièce… Aoouuuch ! Elle repart en claudiquant. Trop tard. Elle rebrousse chemin et enfile jean, T-shirt et pull.
Démêlant d’une main sa chevelure châtain, elle saisit son mobile de l’autre et rappelle Sophia en se dirigeant vers la cuisine.
– Je décolle dans moins de quatre heures ! aboie Hannah d’une voix rauque. Pas le temps de disserter !
– Rien de neuf donc, en retard comme d’hab !
– Ne te moque pas, tu es mal placée, Sophia.
– En retard, moi ? Non. C’est chaque matin la course, je te l’accorde. En tout cas, là, je suis tranquillement attablée au petit dèj
et je te soutiens avant ton départ. La copine parfaite, non ?
– Oui, tu es parfaite ! lui concède Hannah, ironique.
– Oh oh, tu me cherches ! Bon sinon, Mademoiselle La-râleuse-en-panique, tu arrives à Tel Aviv à quelle heure ? que je t’imagine, pendant que je serai assommée par mon cours sur l’aide européenne au développement !
– Vers 16 h, signale Hannah en se versant un café.
– Et ton chantier est loin ?
– Non, proche de Jérusalem.
– Tu me téléphoneras ? couine Sophia.
– Oui, bien sûr, tu auras droit à absolument tous mes questionnements philosophico-sentimentaux ! s’écrie Hannah, le timbre éclairci par la première gorgée chaude. Nous allons exploser nos forfaits car je serai riche ! C’est l’avantage de travailler pour un collectionneur privé !
– Ça ne te met pas mal à l’aise ?
– Attends, je mets le kit mains-libres.

Hannah se débat contre le fil dont la résistance est à la mesure de sa précipitation. Ces objets ont une méchanceté en eux, observe-t-elle. Elle reprend Sophia :
– Je dois boucler mes bagages. Tu commences à quelle heure ?
– 8 h 30, mais tu n’as pas répondu à ma question. Est-ce que cela ne te met pas mal à l’aise d’effectuer des fouilles au bénéfice d’un type qui va soustraire aux musées archéologiques tes découvertes ? Et à tous les coups les revendre à des particuliers pleins de fric…

Hannah détestait en fait cette idée de marché noir d’un patrimoine culturel, et elle aurait tellement préféré obtenir une mission officielle. Faute de décrocher des crédits en cette période de disette mondiale, et à cause de sa jeunesse dans le métier, elle avait accepté. Le deal s’avérait singulièrement alléchant. Elle livrerait à Élie Hanshow les artefacts, s’ils étaient transportables, et il était convenu qu’elle garderait les codices ou rouleaux. Ces écrits sur papyrus ou parchemin, sur lesquels on s’était penché il y a des milliers d’années dans le but de divulguer une connaissance à la terre habitée, c’était son domaine de prédilection. Et son client ne s’en passionnait pas.
– Si, ça me gêne.
En outre l’affaire était totalement illégale, et tomber sur un codex improbable. Ce n’était pas arrivé depuis des décennies. Quoi qu’il en soit, elle serait bien payée, et elle dirigerait son ouvrage comme elle le souhaiterait.
– Alors pourquoi le fais-tu ?
– Pour l’argent, répond-elle mécaniquement en nettoyant la litière de son chat.
Sophia allait-elle une fois de plus l’entreprendre sur son choix de terrain : « Pourquoi Israël ? », tandis qu’elle courait afin de finaliser ses préparatifs. Toujours au mauvais moment, ça c’était tout Sophia. Et elle ne possédait pas de réponse, du moins de réponse acceptable pour elle…

Déjà 7 h 40 !
Sa propre mère la disait « dictée par son inconscient ». Pourtant c’était elle, sa génitrice, qui l’avait prénommée Hannah, un nom juif, un nom de ce peuple minuscule que l’on n’avait pas réussi à engloutir, à résorber ainsi que tant d’autres.
– Je reconnais là ton côté opportuniste, pique Sophia.
– Oui, bien sûr, les athées ne sont mus que par leur cupidité !

Elle avait beau ne pas être croyante, le personnage de Jésus l’intriguait. Il intriguait d’ailleurs un tiers de l’humanité, donc oui, il était légitimement fascinant, rationalisait-elle. Mais avait-il seulement existé, enfin tel qu’on nous l’avait dépeint ?
– Des recherches sur la Bible, quel sens ça a si on est athée ?! argue Sophia. Ça me dépasse !
Qui aurait pu monter ce canular géant, et néanmoins le meilleur antidépresseur pour sortir l’âme humaine de sa morosité ? questionnait Hannah.
– Oui, moi aussi ça me dépasse, Sophia, mais voilà, je veux comprendre. Au-delà de ce qu’on prêche à l’église.

Il avait proposé aux humains un point de vue inconnu : l’Amour. Pas la passion amoureuse, ni l’amour parental, ni l’amitié, non, ce truc incroyable : l’amour absolu, cette force transformant la vie de qui y accède.
– Qu’y a-t-il à « comprendre » si on n’a pas la foi ?
– On n’a pas besoin d’avoir la foi pour s’y intéresser. C’est l’origine de notre culture, nos racines. Ce qui s’est déroulé là-bas il y a deux mille ans a donné naissance à un nouveau paradigme qui a changé notre perception.
– Oui, par contre il n’est pas encore complètement assimilé. Notre croissance spirituelle n’est pas terminée, souligne Sophia.
– Exact ! Là nous sommes d’accord. Et mon intuition m’indique qu’il nous faudrait l’intégralité du message pour que ça se réalise.
Alors oui, un codex, elle en rêvait. Outre l’archéologie, elle s’était attachée à la paléographie biblique, hébraïque et grecque, et avait déchiffré de nombreux textes – pas un qui n’aurait été qu’à elle, évidemment, ni un qui se serait avéré se démarquer.
On n’avait pas tout exploré. Tant de choses demeuraient mystérieuses. Dans quelle intention les livres canoniques avaient-ils été étrangement « lissés », tandis que les apocryphes – ceux qui avaient été laissés pour compte – restaient abrupts ?
Il devait subsister quelque part un manuscrit des origines, un qui n’aurait pas été réécrit, trafiqué. Un, miraculeusement soustrait au désir de museler les Justes. Un qui nous en dirait plus sur le secret de « l’Extra-terrestre ».

Son attention revient vers Sophia :
– Ce qui me dérange vraiment, c’est lorsque je n’exerce pas mon activité. Et je te retourne la pareille. Tu étudies les sciences politiques, mais qu’y a-t-il d’éthique dans ce que vous apprenez ? Tu ingurgites des tonnes de données, mais quelle analyse mènes-tu ? Quel recul as-tu ? Quelle réflexion ?
– Oh là, tu t’énerves ! tente de l’interrompre Sophia.
– Oui je m’énerve ! Tout est confus et contradictoire à l’intérieur de ce système, s’enrage Hannah en enjambant des cartons et en pliant les derniers vêtements qu’elle ramasse sur le plancher.
– Qu’est-ce qui est contradictoire ?
– J’ai un avion à prendre !
– Tu peux très bien t’expliquer en rangeant, la nargue Sophia.
– Tu sais à quoi je fais allusion. L’information est machiavéliquement faussée et c’est la raison pour laquelle les gens ne savent plus quoi penser. Ne pas connaître la vérité engendre la peur. Les journaux nous déversent des réalités partielles, ou égrènent une info morcelée dont il devient impossible de tirer une image cohérente.
– Justement, la politique c’est permettre une compréhension, proteste Sophia, dessiner une direction ; c’est une volonté d’améliorer notre société. Les journalistes, eux, ne discernent que l’infime pointe de l’iceberg et n’en font rien.
– La politique, améliorer la société ? On ne vit pas dans le même monde toi et moi ! Notre démocratie est une illusion. Cette grande pyramide du pouvoir, avec ses narcissiques en haut, n’est plus qu’un concept qui a oublié sa vocation. Ce sont des rois, et je me morfonds à la base.
– Si tu es frustrée, grimpe ! oppose Sophia.
– M’épuiser pour rien ? Non merci. C’est un gros clan de mecs qui promeuvent des mecs. Et ce qui m’exaspère, c’est que ces dames continuent de les couronner ! Elles ADORENT les voir régner ! Ça doit être freudien.
– Mais il y a des femmes aussi !
– 20% au plus, insignifiant ! Et une poignée de chefs d’Etat féminins au cours de l’Histoire. Quant à toi, tu vas préparer les dossiers de ces messieurs. Et sans doute le café !
– Au moins je saurai ce qui se passe, grince Sophia. Et je désire collaborer avec des hommes profondément bienveillants.
– Sois réaliste ! Si les bonnes valeurs sont universelles, rares sont ceux qui les appliquent. Hypocrite ! assomme Hannah.
– Ok, va chier ! Tu es enragée. Je n’aurais pas dû t’appeler… On bavarde ce soir quand tu seras calmée ?
– Oui, lâche Hannah essoufflée par ses efforts pour fermer sa valise. Pourquoi faut-il qu’on se dispute maintenant d’ailleurs ?!
– Peut-être parce que tu m’as abandonnée pendant deux semaines et que là tu repars… Je crois que j’avais envie de me venger !
– Tu n’oublies pas mon chat ? Il sera chez la voisine, ok ? demande Hannah, refusant de poursuivre les hostilités.
– Oui, noté. Quand ton chéri américain revient, j’irai le chercher chez elle et je le lui confie. Je t’aime.
– love you too.
7 h 43 !

3

Un grattement contre le bois… Ses sens douloureux appréhendent le grincement de la charnière. Une lueur dorée s’immisce sous ses paupières closes.
Hésitante, Stiphora chemine vers la pénombre et s’approche du lit. Maryam sent la rugosité d’une paume sur son visage. Les doigts se font maintenant intrusifs et inspectent son corps qu’ils découvrent moite de sueur, brûlant. Puis Stiphora ramasse la robe maculée et les sandales terreuses, avec un tss-tss de réprobation. « Mieux vaut laver tout ça avant que Martha ne rentre du marché ! » commente-t-elle.

Maryam lui sait gré de ne pas aggraver la confrontation qui ne manquera de survenir : « Comment as-tu pu me fausser compagnie au milieu de la nuit ?! Je suis responsable de toi, tu le sais, dira sa sœur. Si tu profites de cette indépendance, c’est parce que je me porte garante de ta conduite auprès de Père. Cesse de repousser les limites et de me mettre en porte-à-faux ». Oui Martha, oui, tu as raison comme toujours, même si je ne peux te le concéder. Où je vais, tu ne le conçois pas. Ta vérité est soumise à ton univers. Tu es mon aînée, mais tu n’as pas pénétré ma réalité. Avons-nous du reste le même sang ? ou Ima a-t-elle été adultère ?... Comment puis-je énoncer de telles monstruosités ?! Cette famille me laisse si froide et tout ensemble me tourmente… D’après eux, je suis un diable destructeur qui a apporté le malheur… Oui, mais voilà, ma vraie parenté est ailleurs.
Stiphora réapparait, déformée, boursoufflée. Est-ce elle d’ailleurs, ou Martha ? Non, c’est bien Stiphora. Elle lui soulève le crâne afin de lui faire ingurgiter une de ces horribles potions, amère et huileuse. Maryam avale avec un spasme de haut-le-cœur et s’effondre sur sa couche. S’enfonçant immédiatement dans une torpeur, ses lèvres murmurent : « Yoshua, tu ne seras pas là… cette fois ».
Sous la caresse de Stiphora, son front se détend. Et il redevient un front d’enfant, qui l’emporte loin, très loin dans le passé, vers une journée d’été…
Quelqu’un cogne à la porte ! Il y a quelqu’un à la porte ! crie Maryam.
Assise sur un fauteuil, à surveiller dans le miroir de cuivre l’esclave qui la coiffe, sa mère l’attrape et la retient :
Ne hurle pas ainsi, c’est indigne ! 
Un bref instant, Maryam étudie son apparence curieuse : la tunique mauve bosselée de bourrelets, le masque de pâte verte, et les deux globules qui la toisent. Le parfum des cheveux huilés lui provoque une nausée.
D’un timbre strident, Martha appelle :
– Stiphora ! Stiphora, va ouvrir ! 
– Elle aussi elle crie ! s’insurge la fillette. Laiiiiisse-moi !
Et la rebelle, retournant son bras pour s’échapper, arrache sa manche des griffes de la matrone et court vers sa chambre. Elle claque la porte, pousse la table tout contre et s’assoit dessus, essoufflée. Nul doute, Ima va bousculer sa misérable muraille, punir son impertinence. Au moins elle aura résisté !

Je la déteste, soupire Maryam. Cette grosse bêtasse riche qui se fait servir me dégoûte… Vais-je devenir comme elle quand je serai grande ? Une inférieure se glorifiant de triompher de ses casseroles et de ses esclaves ? J’ai peur… Les femmes semblent troubles et bizarres ; je n’ai en elles aucune confiance. Aujourd’hui, se rassure-t-elle, c’est décidé : je ne deviendrai pas une femme. Puis elle réfléchit encore… enfin pas une à la ressemblance d’Ima !

Personne n’est survenu. Non, personne. Pourquoi l’avoir redouté ? Peut-être désirait-elle que sa mère qui ne la visitait jamais, s’intéressât une fois à elle… Troublée, mais n’osant ressortir, elle abandonne sa défense et glisse par terre. Dessous la fenêtre, elle joue avec la poussière tournoyant dans la lumière. Le marbre est doux et chaud sous ses cuisses. Elle s’allonge et, l’esprit irrité, tire la poupée de chiffon proscrite, que Stiphora lui a fabriquée en secret, et l’installe entre ses jambes repliées. Fixant les deux obsidiennes cousues sur la face inanimée, elle dresse un index sermonneur : « Tu as dix ans et tu te conduis en sotte. Qui voudra t’épouser ? Qui proposera une alliance et mariera son fils à une demoiselle qui braille pour s’exprimer, qui répond, qui pose toujours des questions et qui est sale... Tu dois changer de comportement ! La Loi est éternelle et tu dois y obéir ! Il n’y a pas d’autre possibilité. C’est mon devoir de t’instruire de cela. Examine la façon dont les femmes agissent… Comment se conduisent-elles ? Elles tiennent la maisonnée et remercient le Seigneur du destin qu’Il leur a octroyé. Leurs heures sont rythmées par les repas, les courses, les maladies à soigner, et les besoins de leur progéniture, des vieux parents et de leur mari avant tout. Elles n’ont pas le loisir de s’amuser. Leur satisfaction est dans leur foyer. Est-ce qu’elles courent dehors avec le vent ? Ont-elles déjà joué à des jeux de garçons ? Les a-t-on décrochées de la cime d’un arbre ? Rêvent-elles ? Non. Vilaine, vilaine, aie honte et pleure, car tu te retrouveras vieille fille ! Disparais de ma vue et cache-toi ! » Et Maryam frappe du poing le jouet et le jette sous le lit. Malgré elle, une larme de dépit tombe sur sa joue.
Elle roule sur le ventre et se cale la tête entre les bras. Un mauvais esprit me possède, c’est sûr. Pourtant j’aimerais tellement bien faire et être aimée… j’aimerais tellement qu’une autre vie soit possible pour une fille… j’aimerais tellement que les hommes ne tuent plus, et qu’il n’y ait plus d’Empire… j’aimerais tellement…
Epuisée, elle s’endort sur le sol accueillant.

Un papillon blanc et jaune s’est posé sur son nez. Elle l’interroge : « Que fais-tu ici ? » Elle sourit, le chasse, bâille, s’étire et quitte l’endroit déserté du soleil.
 Tirant la table, elle s’engage en silence le long du couloir. Tout est calme. La voix de son père en train d’enseigner résonne dans l’immense salle. Puis elle en perçoit une deuxième, celle d’un inconnu. Qui est-il ? Un nouvel apprenti ? Non, il ne débattrait pas… Un grec venu traduire les textes sacrés ? Non, il s’adresse à son père Samuel en araméen :
– Oui, oui, je te le dis, Samuel, la chute de l’Empire passera par quelque chose d’insignifiant. Un minuscule brin d’herbe a en lui la force de croître entre des dalles de pierre et de les soulever.
– Tu es un rêveur ! Les Romains nous écrasent en nous taxant et en réduisant toujours plus notre liberté, et notre unique espoir réside dans l’attente que le Seigneur nous envoie le chef promis. Ce messie saura lever une armée si puissante qu’on renoncera à nous soumettre.
– Samuel ! Dans toute lutte, si nous opposons la haine à la haine, nous buvons les premiers ce poison ; elle coule désormais en nos veines. La haine ne rétablit pas la paix, elle déplace juste le pouvoir. Et nous restons le cœur sans joie et l’âme aride, alors qu’il nous suffirait d’abandonner notre fierté, le rejet d’autrui et la fascination de l’argent !
– Nous tentons d’être qui nous sommes : un petit peuple se consacrant au Seigneur.
– Samuel, Samuel, ne vois-tu pas que nous nous drapons de nos lois, nos principes, notre froideur ? Nous portons en nous une telle aversion des autres que nous vivons recroquevillés, à essayer de maintenir notre bonheur en une fragile embarcation sur une mer qui nous engouffre.
– Nous ne demandons rien, si ce n’est à vivre sereinement.
– La solution est-elle de prétendre à la perfection et nourrir notre colère ? d’encore plus isoler notre barque ? Le renversement est écrit de toute éternité et concerne chaque nation, car nous sommes tous liés. Ne vois-tu pas l’heure venue ?

Maryam s’aplatit au coin du mur, pour mieux écouter l’étrange conversation.
– Yoshua, je ne nie pas qu’un renversement aura lieu, il est bien annoncé. Si je ne savais cela, je serais un âne… mon atelier copie les sefarim tout le jour durant. Mais je ne comprends pas où tu veux en venir. Ce bouleversement ne touche que nous, et non l’humanité entière. Nous seuls savons ; nous seuls avons une mission ici-bas ; nous seuls avons été choisis et élus ! Et si nous demeurons fidèles, si nous observons scrupuleusement ce qu’Il nous demande, nous serons délivrés. C’est la promesse. Les « autres » ne connaissent pas l’Eternel et ne Le connaîtront jamais, et tous disparaîtront, ou nous les maîtriserons.
– Tu dis vrai qu’ils n’entendent pas le Dieu de Moïse, pourtant certains d’entre eux le serviront mieux que notre race embourbée dans l’erreur. Cependant tu n’auras pas l’occasion de voir cette autre sorte d’armée vêtue d’une nouvelle gloire ! La foi n’appartient pas à la religion, Samuel, elle est le propre des cœurs purs, et ceux-là sont disséminés partout. Ce sont eux qui doivent guider la multitude hors de sa perte : hors de l’argent, du pouvoir, de l’intérêt personnel…
Maryam éternue. Zut !
– Maryam, c’est toi ?
Elle sort de sa cachette et progresse, éblouie. Et tandis qu’elle se dirige vers son père, sa vision s’éclaire. Soudain capturée par le regard de Yoshua, prise d’une irrépressible envie d’y plonger, elle s’immobilise.
– Que fais-tu ma fille ?
Yoshua et la fillette s’évaluent l’un l’autre. Le jeune homme musclé et souple, à la peau tannée, ne détache plus ses yeux noirs, radieux de paillettes d’or, de ceux de Maryam, verts comme l’eau d’une oasis. Il l’appelle doucement, et à la fois impérieusement :
– Maryam, viens à moi !
Et suivant l’invitation de cette intonation inhabituelle, elle s’avance, glissant sur le marbre ses pieds nus aimantés en direction de l’homme.
– Yoshua, permets que j’ordonne à ma fille ! s’offusque Samuel. Elle ne sait pas les manières du monde. Viens auprès d’Abba, Maryam !
Elle hésite…
– Samuel, je te le dis, elle est à toi en ce monde, toutefois elle n’est pas de ce monde. Elle dominera les Temps.
Puis se tournant de nouveau vers Maryam :
– Viens ! Assieds-toi avec moi !
Et il lui tend la main.

Un élan brutal, incongru, et qui lui coûtera son enfance, la tire en avant et l’amène tout droit jusque sur les genoux de Yoshua. Et elle se réfugie contre son cœur…

4

Samuel bondit de son siège et ordonne :
– Maryam ! Lève-toi immédiatement !

En vain. Elle reste blottie contre le sein de Yoshua. Ses bras s’accrochent de toutes leurs forces au torse puissant. Elle s’emplit du contact dense, des fluides ardents qui s’écoulent de lui et dont elle se révèle avide. Elle aspire son odeur ensoleillée d’herbages, de terre, d’azur.
– Maryam, je te l’ordonne, lève-toi ! glapit Ruth qui, percevant des éclats de voix, s’est précipitée auprès de son mari. Samuel, fais-la obéir, je t’en supplie !
Martha a accouru et, toute d’une dignité outrée, une main portée à la poitrine, considère le spectacle grotesque de sa sœur sur l’homme.
Maryam serre, plus intense, et Yoshua pose sa main sur elle et la bénit.
– Elle n’est pas en âge d’être épousée, s’indigne le père.
– En vérité, je n’ai pas le loisir de me marier.
– De quoi me parles-tu ? souffle Samuel, rouge et haletant. Relâche ma fille !
– Je ne sais qui vous êtes, mais vous nous couvrez de honte ! vocifère Ruth.
– Vous vous énervez. Ne voyez-vous pas que cette enfant recherche de l’amour ? explique Yoshua, tentant de les radoucir.
– Elle a ses parents qui veillent sur elle ! Que lui veux-tu ? intervient Samuel.
– Elle est venue à moi désaltérer son âme.
Et se penchant vers le visage enfoui contre lui, il murmure :
– Maryam, lève-toi, va, sois forte et souviens-toi !
La matrone empoigne sa fille par l’oreille, toutefois elle lui échappe, lui abandonnant une poignée de cheveux.
Maryam fut flagellée pour son inconduite.
Elle est là au milieu de la cour, exposée au regard des gamins moqueurs et des voisines qui opposent au soleil déclinant leur foulard, ou une main aux sourcils, afin de mieux profiter de cette distraction. Elles hochent la tête – quelle rebelle ! Martha, à la coiffure toujours altière, affiche de sa hauteur un sourire narquois et satisfait.
La souffrance qui restera la plus profonde, c’est la promptitude des servantes, qu’elle croyait ses amies, à l’attraper sur le toit en terrasse. De terreur, elle a uriné sur le sol. Elle devine que seule Stiphora a osé refuser. Elle l’aperçoit accroupie, repliée, et l’entend sangloter quand les lanières de cuir s’apprêtent à mordre sa chair dénudée de la tunique. Elle imagine derrière elle, sa mère, le fouet à la main, les pupilles enflammées de colère, et d’une certaine jouissance qu’elle a pu constater lorsqu’elle punit les domestiques. La fillette se tend à chaque morsure, crie, puis implore. Elle se voit proie, bête écartelée, sacrifiée. Tandis qu’elle se débat, l’étau des mains se resserre. Sous son crâne, tout s’affole, pour repérer une issue qui n’existe pas.
La mère frappe, frappe, frappe, et Maryam, soudain vaincue par la transe de douleur, se réfugie en la réminiscence de l’homme inconnu. Elle s’échappe dans le bleu rougi du firmament… Femme, elle marche aux côtés de Yoshua… Tendue vers cette vision, ses cris cessent… Alors les coups redoublent de violence.
Son frère Lazar fait irruption et éclate de rire à la vue de cette correction sanglante :
– Oui Ima, plus fort ! Rabaisse-lui son caquet !

La nuit tombée, Maryam s’agite sur son lit devenu pierre pour son dos en feu, malgré l’onguent que Stiphora, les yeux gonflés, a étalé en petites touches les plus légères possibles pour ses gros doigts.
L’esclave l’a bercée contre son cœur, fredonnant des chants égyptiens, dont les sonorités évoquent les moments où le chagrin a envahi la vie. Cependant l’humiliation et la rage ont pris le dessus, consumant Maryam qui n’a pas réussi à s’abandonner à ce réconfort. En quoi a-t-elle mérité d’être fouettée comme une servante ? Et qu’a-t-elle à faire de ces câlins, aux chut-chut entrecoupés de sanglots contenus, lorsqu’elle veut protester ? Elle se vengera ! Elle se vengera d’Ima sinon… sinon c’est contre elle-même qu’elle finira par se retourner… sinon c’est elle-même qu’elle détruira à cause de sa faiblesse, de son impuissance à changer son destin et à s’évader de cette place trop étroite.
Jusqu’à ce jour, elle s’était sentie complète, entière, gosse. Elle désirait et elle agissait. Voulait-elle échapper à l’ennui ? Elle courait parmi les chemins et rejoignait les garçons. Avait-elle faim ? Il lui suffisait de se glisser près du fourneau. Et au creux de cet antre chaud des odeurs de nourriture, elle grappillait l’affection de Stiphora. Même dans les dures journées de lessive, elle en recevait un baiser. Or voici que maintenant, elle détestait aussi Stiphora, fautive de sa condition. Elle lui en voulait de ne pas avoir brisé son joug.
Alors Maryam la repoussa.

Aujourd’hui, quelque chose d’étrange avait bouleversé ses repères : le châtiment l’avait fait s’échapper de son enveloppe charnelle, et son esprit avait ressenti sa propre existence, autre, détachée. Elle s’était révélée divisée. Comment Ima pouvait-elle croire que la battre musèlerait ses pensées ? Au lieu d’être réduite à l’obéissance aveugle, elle avait senti une liberté prendre forme au-delà de son corps. Elle savait dorénavant qu’elle allait vivre en deux parties : celle de l’apparence attendue et celle de son être vrai, jusqu’à ce qu’il ouvre une brèche et s’envole.

Stiphora avait enfin quitté la chambre. Ivre du sang qui pulse et pince ses épaules, refusant de s’endormir, Maryam se relève et attrape la lampe bouillante, prenant garde de ne pas verser l’huile sur ses doigts fins. Elle contemple ses mains, « araignées noires et laides comme celles d’une égyptienne » selon sa mère, et décide de les aimer.
Elle sort et se dirige vers la cuisine. Personne. Presque déçue de ne pas y rencontrer Stiphora, elle repart, divague dans les couloirs jaunis par la flamme, et atteint l’atelier de scribe de son père.
La demeure est silencieuse. Il doit être tard. On ne distingue que les gardes qui baragouinent au dehors. Elle hésite, puis pousse vivement la porte, de manière à éviter de la faire grincer, et guette un éventuel bruit de pas. L’odeur de l’encre, de peau, de glaise fraîche l’immerge. Les rouleaux – certains en papyrus, d’autres en parchemin, selon les arrivages –, sont étalés à sécher.
En deux ans, Lazar n’est toujours pas passé sofer. Les tablettes d’argile sur lesquelles il s’entraîne, sont encore humides. Maryam s’assoit à même le sol et s’en empare. La planchette calée sur la cuisse, elle saisit le calame qu’elle enfonce dans l’argile et, en ce cocon apaisant, trace la première lettre de l’alphabet. Aleph, se souvient-elle, celle qui préside au premier nom de Dieu et dont les pattes montrent l’unité du ciel et de la terre.
Mordillant le roseau, elle cherche la seconde… beth, oui, celle qui ressemble à une maison. Gimel, la troisième, avance sur deux jambes, le buste penché, tel un être humain sous un fardeau. Après, elle ne connaît pas les noms, et recopie sans comprendre les signes que Lazar a tracés.

Elle s’est tellement absorbée dans l’écriture et le sens à donner à sa peine, qu’elle n’a pas remarqué Stiphora à la fenêtre étoilée. Elle ne sait pas non plus que la servante a monté la garde pour sa gazelle qui apprend.
Replaçant le calame sur son support, elle s’appuie délicatement au mur afin de calmer ses brûlures contre la fraîcheur apaisante, et fixe la lampe. La fine fumée noircit le plafond. Dans le vacillement de la lumière, la présence de Yoshua tourne en vagues singulières. La force d’un brin d’herbe, a-t-il dit.
Pour lui, j’apprendrai en cachette…

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iBible, Gn 18,23
iiBible, Ex 20,1-17. Dt, 5,6-22.
iiiBible, Ex 2,11-12.
ivTraduction de l’auteur. Bible Lc 4, 12 ; Mt 4,7.

1 commentaire:

  1. J'ai ouvert la page de "Porteuses de lumière".
    Au début, un peu décontenancée, car je pensais lire un livre témoignage, comme j'en ai lu déjà beaucoup dans le domaine de la psy.
    Puis j'ai plongé plus profond et une fois bien immergée, j'ai bu la tasse volontairement et je me suis noyée dans ces mots là : Une étoile ne devrait jamais avoir à s’évanouir dans l’infini. Je dois le rattraper avant que l’irréparable ne se produise. Mon dieu, où peut-il être ?
    J'ai vu que les mots étaient à l'heure de la romance, en pleine histoire de vie, avec des personnages bien vivants qui ont des choses à révéler, à nous transmettre. J'ai senti cette écriture fine, belle et ciselée avec des couleurs douces où l'âme erre, emplie de ces m'eaux de vie qui coulent de source au coeur des hommes.

    C'est une histoire à grandir de l'infiniment grand, à l'infiniment petit.
    Je n'ai pas fini...

    D'étoilement.
    Sara Do

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