mercredi 29 mai 2013

JE SUIS NULLE OU LA VIE RÊVÉE DES JEUNES FEMMES

J’ai découvert ces dernières années un nouveau syndrome chez mes jeunes patientes.
Elles témoignent d’un sentiment d’infériorité dévastateur, de ne pas se sentir intéressantes, de ne pas être assez cultivées, pas assez belles, drôles, à la mode, au courant de tout.
Elles ne cultivent pas une foule d’amis – parce que tout le monde ne les passionne pas évidemment –, tout en se reprochant de ne pas le faire, de ne pas en être capables, de ne pas en avoir l’énergie. Pourquoi n’ont-elles pas forcément des amitiés profondes, des gens avec qui parler cœur à cœur, en qui avoir totalement confiance ? Pourquoi n’ont-elles plus leur bande du lycée, ou n’en ont-elles jamais eue, ou encore n’y trouvent-elles plus le même plaisir ? Pourquoi ont-elles à se demander avec qui partir en vacances ?
Leur vie sentimentale leur semble insatisfaisante. Soit elles n’ont pas encore trouvé l’âme-sœur, ou l’âme-sœur ne se conduit pas comme il le devrait. Pourtant elles ont tout fait comme il se doit, premier baiser au premier rendez-vous, couché au troisième ou quatrième, mais Jules n’est pas tombé éperdument amoureux, n’arrive pas chez elle essoufflé par l’anticipation, ne les inonde pas de textos, ne se précipite pas pour leur offrir une bague. Qu’ont-elles fait de mal ? Qu’ont-elles raté ?
Elles se surprennent à ne pas avoir une libido torride, à avoir envie de cocooner en débraillé dans le canapé, à ne pas avoir envie d’aller danser ou recevoir tous les potes de leur copain.
Où est la famille de leurs rêves, chaleureuse, où on se dit les choses avec amour et justesse, où on s’entraide, où on partage des fous rires ?
Non, vraiment, elles ne se sentent pas normales ! Elles ne sont pas comme elles devraient être. Mais quel est donc ce surmoi tyrannique d’un nouveau genre qui voudrait qu’on soit fun fun fun fun…et que nos vies sont trépidantes ?
Cherchez donc du côté des séries télé ! La vie rêvée que personne ne vit jamais.




2 commentaires:

  1. Il me faut un courage énorme pour oser être moi-même (ma devise ;-) !) dans un monde plus uniformisé que jamais ... Courage, le maître-mot il me semble par les temps qui courent ! ;-)

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  2. Oui, je suis entièrement d'accord. Et quand on y arrive, quelle liberté, quel plaisir de se sentir reprendre possession de soi-même.

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